Bataille du Dniepr

La bataille du Dniepr (24 août 1943 — 23 décembre 1943) est une bataille de la Seconde Guerre mondiale, qui peut être considérée comme l'une des plus gigantesques batailles de l'histoire de l'humanité, mobilisant des deux côtés jusqu'à quatre millions de soldats et s'étendant sur un front de 1400 kilomètres. Durant cette campagne de quatre mois, la rive gauche du Dniepr fut libérée de la présence militaire nazie par les forces soviétiques, qui franchirent en force le fleuve et créèrent plusieurs têtes de ponts sur sa rive droite, tout en libérant Kiev alors aux mains des Allemands depuis l'été 1941.

On la considère comme l'une des batailles les plus sanglantes, avec des pertes évaluées entre 1 700 000 à 2 700 000 soldats des deux côtés.

Préparatifs défensifs allemands:

Le 11 août, est donné l'ordre de bâtir un réseau de fortification sur la rive droite du Dniepr, la future ligne Panther Wotam, Il est immédiatement mis à exécution, avec un maximum de moyens, mais vu la pression des forces soviétiques, il apparaît peu probable de constituer une ligne assez dense à temps. Les efforts se concentrent donc sur les lieux où le franchissement par l'armée rouge est le plus vraisemblable, c’est-à-dire Kremenchoug, Zaporijjya et Nikopol, les autres passages étant plus légèrement fortifiés. Le 7 septembre, pour essayer de gagner du temps, les unités de la Wehrmacht et de la Waffen-SS reçoivent l'ordre de se livrer systématiquement au pillage, on espère ainsi, par une politique de terre brûlée, provoquer des problèmes logistiques à l'armée rouge.

La libération de la rive gauche:

Le 24 août 1943, sur un longueur de 1400 kilomètres, s'étendant de Smolensk à la mer d'Azov, cinq fronts de l'armée rouge s'ébranlent en direction de l'ouest. Du nord au sud, sont impliqués dans l'offensive, le front central, celui de Voronej, celui de la steppe, celui du sud-ouest, et enfin celui du sud. Ils regroupent quarante cinq armées, dont quatre de chars et cinq aériennes, soit au total, 2,65 millions d'hommes, équipés de 51 000 pièces d'artillerie, 2400 blindés et 2800 avions. En face, les Allemands avec 1 250 000 hommes, 12 500 pièces d'artillerie, 2100 chars et 2000 avions, ne peuvent espérer tenir longtemps en face de ce déferlement, sur le terrain ouvert des steppes. Les combats ne sont pourtant pas faciles, les Allemands couvrent leur repli, en laissant des troupes dans chaque agglomération et chaque colline, pour retarder et infliger le maximum de pertes aux Soviétiques. La défense de la ville de Poltava sera par exemple extrêmement efficace, si bien qu'Ivan Koniev finira par décider de la laisser en arrière, en continuant vers le Dniepr, et finalement isolée, la garnison devra se rendre. Finalement Hitler s'aligne sur l'opinion d'Erich von Manstein et ordonne le 15 septembre le repli derrière le fleuve. À la fin du mois les Soviétiques atteignent le cours inférieur du fleuve, mais le plus difficile reste à venir pour eux : ils doivent maintenant traverser l'obstacle, face à une défense allemande préparée.

L'opération aéroportée:

Le 24 septembre, pour aider au franchissement, la Stavka décide de tenter une opération aéroportée pour obtenir des têtes de pont sur la rive droite. Le parachutage va être un véritable fiasco, en particulier du fait de l'inexpérience des pilotes, qui connaissent très peu la région. La première vague atterrira principalement dans les lignes soviétiques sur la rive gauche, voire dans le Dniepr lui-même. La seconde, forte elle de cinq mille hommes atterrira bien sur la rive gauche, mais dispersée et peu pourvue en armes antichar, elle sera alors submergée par les forces mécanisées allemandes, quelques survivants se joindront aux partisans et attaqueront la logistique allemande. Le seul succès obtenu du largage sera la distraction de nombreuses forces mécanisées, ce qui facilitera quelque peu les passages en force des forces conventionnelles. Déjà échaudés par leur échec à Viazma, pendant l'hiver 1941, les Soviétiques renoncent dès lors à toute opération aéroportée importante.