Joseph Staline

Joseph (Iossif) Vissarionovitch Djougachvili (russe : Иосиф Виссарионович Джугашвили ; géorgien : იოსებ ბესარიონის ძე ჯუღაშვილი Iosseb Bessarionis dze Djoughachvili), né le 18 décembre 1878 - officiellement le 21 décembre 1879[1] - et mort le 5 mars 1953, généralement connu sous le nom de Joseph Staline (Иосиф Сталин), a dirigé l'Union soviétique seul pendant vingt-cinq ans, entre la fin des années 1920 et 1953. De 1922 à 1953, il fut secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique. D'abord surnommé Sosso (diminutif de Iossif) pendant son enfance, il se fit appeler Koba (d'après un héros populaire géorgien) dans ses premières années de militantisme clandestin et par ses amis proches. Il a ensuite utilisé le pseudonyme de Staline, formé sur le mot russe сталь (stal), qui signifie acier.

Par un jeu patient d'intrigues souterraines et d'alliances successives avec les diverses factions du parti unique bolchevik, et en s'appuyant sur la toute-puissante police politique et sur la bureaucratisation croissante du régime, il accéda progressivement au pouvoir personnel absolu, et transforma l'URSS en un régime de type « totalitaire » dont le culte obligatoire rendu à sa propre personne fut un des traits les plus marquants. Entreprenant d'arracher spectaculairement le pays à son arriération ancestrale, il fit nationaliser intégralement les terres, et industrialisa l'Union soviétique à marche forcée par les très ambitieux et souvent irréalistes plans quinquennaux, sans souci des oppositions, brisées, ni du lourd coût humain et social. Son long règne fut marqué par un régime de terreur et de délation paroxystique, encore plus prégnant en temps de paix qu'en temps de guerre, et par la mise à mort ou l'envoi aux camps de travail du Goulag de millions de personnes généralement innocentes, notamment au cours de la collectivisation des campagnes et des Grandes Purges de 1937. Il pratiqua aussi bien des déplacements de population massifs, dont la déportation intégrale d'une quinzaine de minorités nationales, que la sédentarisation forcée non moins désastreuse de nomades d'Asie centrale. Il nia aussi l'existence des famines meurtrières de 1932-1933 (Holodomor) et de 1946-1947 après les avoir en partie provoquées par sa politique brutale. Le secret et la propagande systématiquement entretenus autour de ses actes firent du travestissement de la réalité et de la réécriture du passé une caractéristique permanente de son pouvoir absolu.

Son souvenir est néanmoins aussi associé à la victoire militaire de l'Union soviétique contre l'Allemagne nazie, dont il fut le principal vainqueur après la rupture en juin 1941 de leur pacte de non-agression conclu en août 1939. La Seconde Guerre mondiale, après avoir mis l'URSS au bord du gouffre, revêtit le « Petit Père des Peuples » d'un prestige énorme dans le monde entier (à sa mort il y eut 3 jours de deuil en France, sous la droite), et permit au successeur des tsars et de Lénine d'étendre son système à un empire immense allant désormais de Berlin-Est à l'Océan Pacifique.

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